Toi, tu t'es vu, tu t'es senti ?Mon pétard, mon spleen, ma dérive, mon idéal
Oui toi, mon rat, mon solitaire aimant, mon rampant cancrelat
La guitare vocifère des chuintements
La prunelle dilatée fixe le plafond
Les dragons distillent l'espace d'un instant fébrile
Il ferme les yeux
Elle l'avait suivi partout, goûté ses destructions
Quitté le cocon douillet de sa famille pour un poison d'illusion
La fête devait être perpétuelle, le désir aux entrailles
Un shoot dans les narines, des galères sans tempête
Trois ans de promenades psychédéliques
Hé toi !
Créature diaphane, irréelle l'apostrophe
Squatte où seringues et capotes se confondent
Au bagne des désirs, les dérives au matelas
Violente échappée sur deux sexes sans vie
C'est à toi que je parle
Une voix rauque et suave
Langueur d'une croche succincte
Il ouvre les yeux, elle le fixe, un flingue à la main
Pointe dangereuse d'un pétard vers son crâne
Bad trip
De son cerveau, un ruisseau rouge
Le temps d'une chanson
Le voilà sombre et sans réplique
Il n'a pas cru, pas pensé
Il rampe, le rat cancrelat
La guitare explose sur des accords
Désaccordés, ils n'avaient pas cru
Elle tire à son tour, s'effondre sur son corps
Morts
Trois mots par Jo : rat, guitare, pétard

