Trois
mots par Jo : langue, glace, torrideSa langue innocente se promène sur les collines de ses formes. Salive et perle de sueur se dissolvent dans le même calice. Lui, aux anges, dérive tranquille sur la barque de sa partition. Course folle d'une soif s'achève sur la commissure de leurs lèvres brûlantes.
Quai.
Départ.
Le train est loin.
Meurtrissures d'un plaisir inavouables. La louve, dans sa mansuétude, lui offre une lapée au goût de vin. L'air se contorsionne de moiteurs abyssales. L'embarcation se brise sous des vapeurs viscérales. La paix d'une éjaculation tardive: acide sur plaie ouverte.
Elle est partie sans rien dire. Le corps amer, le souvenir le submerge. Rafale d'une vague subliminale sur la mollesse de son mât. Il ne rompra pas.
L'élixir empoisonné a fait son œuvre. Il continue de chercher dans des soupirs languissant l'effusion. La faim dans les tripes, l'osmose engoncée dans l'univers de ses rêves. La fin.
Sur sa joue, la tache noire du fantasme dessine des séminaires d'obélisque poreux. Sa peau brûle au soleil du désir. Tombeau prévisible d'une histoire vacataire. Professorat biblique d'un coupable cheminement.
Adam et Eve chassés du jardin. L'érectile amarre d'une racine plantée dans la terre. L'arbre entonne des mélopées au vent léger. La fleur amoureuse malmène les damnées.
Plus tard, beaucoup plus tard, les ravages de l'ivresse entameront le bois. L'écorce à vif, la chair de sa sève se décomposera et nourrira le terreau des amours nouveaux. Une part manquante dans les veines. Incomplet personnage d'une histoire achevée. Il sombre sous des multitudes de spasmes éthyliques. Des serpents sur les murs.
La prochaine fois, elle restera.

